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La Violence Liée Au Genre Accroît Le Risque Pour Les Femmes D’Afrique Subsaharienne De Contracter Le VIH/sida

14/06/2011

Près de 68 pour cent des personnes infectées par le VIH dans le monde vivent en Afrique subsaharienne, où le virus touche les femmes de manière disproportionnée. La violence liée au genre a été identifiée comme étant un facteur important d'infection à VIH/sida chez les femmes dans la région.

Par Kata Fustos

Pour les organisations internationales, l'élimination de la violence contre les femmes est essentielle dans la lutte contre la propagation des épidémies, domaine dans lequel elles travaillent de plus en plus. Les stratégies de prévention doivent répondre à l’inégalité du pouvoir entre hommes et femmes et aux normes et pratiques qui exposent les femmes à un risque plus élevé de contracter le VIH.

Au cours de la dernière décennie, les femmes ont caractérisé l’infection à VIH/sida en Afrique subsaharienne, sachant que 61 pour cent des personnes vivant avec le virus dans la région sont des femmes. Les taux les plus élevés d'infections à VIH/sida parmi les femmes de 15 à 49 ans sont observés dans le sud de l'Afrique, notamment au Botswana, au Lesotho, au Swaziland et en Afrique du Sud. Il y a des différences dans les taux de prévalence du VIH entre les hommes et les femmes dans ces pays, les femmes présentant toujours des taux plus élevés d’infection que les hommes. L'écart entre les sexes est encore plus important au sein des groupes d'âge plus jeunes: en Afrique du Sud, la prévalence du VIH parmi les jeunes femmes âgées de 20 à 24 est environ trois fois plus élevée—21 pour cent contre 7 pour cent—que chez les hommes du même âge. Au Lesotho, près de 8 pour cent des jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans sont infectées par le VIH, tandis que le taux de prévalence est de 3 pour cent chez les hommes du même groupe d’âge.2 Ces chiffres pointent certains facteurs qui augmentent l'exposition des femmes au virus.

La violence augmente l'exposition des femmes au VIH/sida

Selon l'ONUSIDA, les femmes qui ont subi des violences sont jusqu'à trois fois plus susceptibles d'être infectées par le VIH que les autres. Des statistiques par pays compilées par les Nations unies indiquent qu’en Afrique les femmes plus jeunes sont plus susceptibles de subir des violences physiques ou sexuelles que les femmes plus âgées, généralement de la part d’un partenaire proche. Bien que l'exposition des femmes à la violence varie selon les pays et les régions, des enquêtes montrent régulièrement qu’elle affiche un pic entre l’âge de 20 à 30 ans, déclinant par la suite. La prévalence du VIH tend a également tendance à atteindre un pic autour de 25 ans chez les femmes. D'autre part, chez les hommes, le pic de prévalence du VIH apparaît environ cinq à 10 ans plus tard et à des moindres niveaux.

La violence augmente le risque d'infection à VIH chez les femmes pour des raisons physiologiques et psychologiques. Les femmes non infectées sont environ deux fois plus susceptibles d’être infectées par le VIH par des hommes infectés que le contraire. Biologiquement, les femmes sont plus vulnérables aux infections et le fait d’avoir des rapports sexuels forcés accroît davantage le risque de transmission du VIH chez les femmes en raison de larmes ou de déchirures, en particulier chez les adolescentes. Cependant, même la menace de violence peut avoir de graves conséquences négatives. Les femmes qui craignent la violence sont moins capables de se protéger contre l'infection: elles n’ont pas les moyens de négocier des pratiques sexuelles sûres ou de refuser des rapports sexuels non désirés, elles ne sont pas dépistées pour le VIH et ne cherchent pas à se faire soigner après l'infection. Selon une enquête menée en 2005, 60 pour cent des femmes séropositives ont choisi de ne pas recevoir de traitement dans une clinique en Zambie parce qu'elles craignaient de subir de la part de leur famille des comportements violents et d’être abandonnées. Les femmes signalent qu’elles craignent d’être victimes de discrimination, de violence physique et de rejet par leur famille si elles divulguent leur séropositivité. D’après une étude sur la violence sexuelle et le VIH en Afrique du Sud, 16 pour cent des hommes et 14 pour cent des femmes dans la tranche d'âge des 15-19 ans s’opposent à divulguer un diagnostic séropositif à leur famille. Les adolescentes qui avaient été forcées d’avoir des rapports sexuels au cours de l’année écoulée étaient encore plus susceptibles de cacher leur séropositivité.

Les facteurs sociaux et culturels rendent les changements difficiles

L'acceptation par la communauté des normes de comportement masculin et l'utilisation par les hommes du pouvoir sur les femmes favorisent les inégalités de pouvoir entre les sexes, pouvant entraîner la violence. Tout en étant soutenues par un plus grand nombre d’hommes, les différentes formes de domination masculine sont également largement acceptées par les femmes. Par exemple, l’étude des violences sexuelles en Afrique du Sud révèle que chez les 15-19 ans, 28 pour cent des hommes et 27 pour cent des femmes estiment qu'une fille n'a pas le droit de refuser des rapports sexuels à son petit ami. En outre, 55 pour cent des hommes et 54 pour cent des femmes pensent que « la violence sexuelle ne concerne pas le fait d’avoir des relations sexuelles forcées avec quelqu'un que vous connaissez ». Par ailleurs, 15 pour cent des femmes de 19 ans et 12 pour cent des hommes inclus dans l'étude ont déclaré avoir été forcés d’avoir des rapports sexuels au cours de l’année précédent l’étude.

En outre, l’aspect inégal du pouvoir est davantage faussé par des différences d'âge plus importantes dans les relations. Il est fréquent pour les femmes d’Afrique subsaharienne de se marier à un jeune âge ou d’avoir des partenaires intimes plus âgés qui sont sexuellement plus expérimentés. Les hommes plus âgés sont également plus susceptibles d'avoir été exposés au VIH / SIDA et donc d'infecter leur partenaire féminine plus jeune, surtout si les femmes sentent que ce pouvoir inégal les empêche de négocier des pratiques sexuelles sans risque. Une étude menée en Zambie a montré que seulement 11 pour cent des femmes mariées croyaient avoir le droit de demander à leur mari d'utiliser un préservatif, même s’ils savaient qu'ils étaient infectés par le VIH. Moins de 25 pour cent des femmes pensaient qu’elles avaient le droit de refuser d'avoir des rapports sexuels avec lui.9 Au Lesotho, près de 37 pour cent des femmes mariées pensaient qu'un homme avait le droit de battre sa femme en cas de dispute. Vingt-trois pour cent des femmes pensaient que les coups étaient justifiés si la femme refusait d'avoir des rapports sexuels avec son mari.

Le changement à long terme est nécessaire

Aborder la violence que subissent les femmes et les filles dans la lutte contre le VIH/sida est particulièrement difficile, sachant que la plupart des stratégies d'intervention se concentrent sur les méthodes plus traditionnelles pour contenir l'épidémie, telles que l'utilisation du préservatif, les médicaments antirétroviraux et le traitement des IST. Néanmoins, les programmes de prévention à long terme doivent traiter les problèmes sociaux sous-jacents en plus de l'évolution des politiques publiques. Le programme de formation Stepping Stones a été décrit comme un exemple programme de « savoir-faire » remarquablement réussi qui traite des questions liées au genre, au VIH, à la communication et aux relations dans une communauté. Il propose un modèle de « changement durable et mesurable des attitudes et des comportements liés au genre. » Le programme réunit des hommes et des femmes pour discuter et analyser la façon dont certains facteurs propres à leur communauté les rendent vulnérables au VIH. Dans les groupes, souvent basés sur le genre et l'âge, ils discutent de problèmes auxquels ils sont confrontés et élaborent des stratégies pour les surmonter. Ensuite, les groupes se réunissent et présentent les types de changements qu'ils aimeraient voir. Le potentiel de changement à long terme repose sur dialogue entre les générations, qui permettra de révéler et de défier les normes sociales négatives.

Kata Fustos est interne de communication au Population Reference Bureau

 




 
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